Petit guide : Vivre sans supermarché à Strasbourg – C’est possible … et pas plus cher !

Ça fait des mois que je réfléchis à cet article, et ça y est, j’ai enfin trouvé le temps de le rédiger pour qu’il soit le plus complet possible. Bonne lecture. :)

En février dernier, une grande campagne de sensibilisation avait été lancée sur les réseaux par En vert et contre tout avec le hashtag #févriersanssupermarché. Nous avons été nombreux-ses à y participer et j’ai adoré discuter avec vous tout au long du défi. Pas facile à tenir d’ailleurs, nous sommes tous et toutes devenu-e-s très dépendant-e-s de ce mode d’achat et finalement, nous avons été nombreux-ses à reconnaître avoir « échoué » (moi la première car j’ai dû faire un saut à la supérette de mon quartier pour acheter du papier toilette). 🙈 Les raisons pouvant justifier cet état de faits étaient nombreuses et oh combien légitimes : le manque de temps, les enfants, le confort du drive, la proximité, une grossesse … Pourtant, et c’est ce qu’il y a de réjouissant, vous avez été encore plus nombreux-ses à reconnaître que ce défi vous avait sensibilisé-e-s à cette question, et qu’une large majorité d’entre-vous souhaitait que les choses changent.

Pour ma part, ça fait déjà 2 ou 3 ans que je fuis les grandes surfaces et ne m’y rends plus que par absolue nécessité. Pourquoi ? Parce que les supermarchés ce sont des milliers de tonnes de plastique et d’emballages jetés chaque jour. Chantres de la malbouffe, rois du gaspillage alimentaire, ces grands groupes sont surtout d’affreux exploiteurs qui se remplissent les poches sur le dos des producteurs en menant une dictature des prix (sans parler de la pollution générée par la consommation et donc la production de masse, le transport, l’épuisement des ressources, les pesticides et les engrais, la pollution des eaux …). Le Green washing mené par certaines enseignes en ce moment, à grand coup de racolage et de publicité, n’y change rien. Il n’y a en fait absolument rien d’éthique, ni d’écologique dans le fonctionnement d’une grande surface.

Alors évidemment, j’ai déjà mes habitudes à Strasbourg, le défi a été beaucoup plus simple pour nous qui avons développé une routine sur plusieurs années. Mais je me suis dit que ça pourrait franchement vous intéresser, que vous viviez à Strasbourg ou ailleurs d’ailleurs (car beaucoup d’enseignes et de concepts que je fréquente ici sont présents ailleurs). Et si je réussissais à vous prouver par A + B que c’est n’est pas plus cher de consommer de manière éthique et plus responsable, j’en serais plus qu’heureuse.

Étape 1 : Changer sa manière de consommer :

Pour pouvoir se passer de supermarché, il faut réfléchir à ce qui nous pousse à y aller et nous a rendu complètement dépendants de ce mode de consommation : la nourriture industrielle et son choix infini, mais aussi tous les produis d’entretien pour la maison.

En résumé, si l’on veut éviter les supermarchés, on n’a pas le choix que de se mettre à la cuisine et au fait maison. Et bonne nouvelle c’est économique ! Acheter des produits frais, non suremballés, c’est l’étape indispensable, le point de départ de ce nouveau mode de vie. Alors je me dis que si déjà vous êtes là et que vous lisez cet article, c’est que vous êtes sûrement déjà des consommateurs avertis. Je ne m’étendrai donc pas plus sur le sujet. Faire une croix sur les gâteaux, le pain de mie, les sodas, les plats préparés, le surgelé et autres produits complètement industriels, c’est déjà un grand pas en avant (et en plus c’est bien meilleur pour votre santé, mais ça c’est un autre sujet). Et je rappelle également qu’il existe des techniques pour limiter son temps passé derrière les fourneaux : je vous parlais par exemple ici du batch cooking et de toutes ses vertus. Il en est de même pour les produits d’entretien puisqu’avec 4 ingrédients miracle on peut absolument tout faire : le bicarbonate, le citron, le vinaigre et le savon de Marseille. Mes recettes de produits ménagers sont à retrouver ici.

Étape 2 : Trouver de nouveaux lieux d’approvisionnement :

Et sans contraintes ! C’est là tout l’enjeu. L’idée n’est évidemment pas de multiplier à l’infini les points de vente. Personne n’a le temps ni l’envie de se déplacer de magasin en magasin et de perdre une journée entière à faire les courses. Mais heureusement, des solutions très simples et hyper pratiques existent comme diviser ses courses en deux étapes :

  • L’une hebdomadaire pour les produits frais : légumes, fruits, laitages, poisson, œufs ou viande.
  • et l’autre mensuelle pour les « grosses courses » (produits secs et produits de base) pour éviter trop d’aller-retour.

1. S’abonner à une Ruche ou à une Amap pour récupérer ses produits frais pour la semaine :

La Ruche qui dit Oui ! : C’est devenu le rituel du mardi soir chez nous. Il suffit de s’inscrire à la Ruche la plus proche de chez nous via l’application, de passer commande auprès des producteurs locaux, de payer en ligne en quelques clics et d’aller récupérer le colis au point de RDV hebdomadaire. Hyper simple, économique (car on ne prend que ce dont on a besoin) et rapide : moins de 10 minutes pour récupérer le colis.

Les Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) : là il suffit de se renseigner autour de soi. De nombreuses enseignes proposent des paniers de légumes en provenance directe des producteurs. Pour Strasbourg et ailleurs, le site Mon panier bio regroupe un grand nombre d’AMAP et de possibilités. Il suffit de choisir celle qui se trouve la plus près de chez vous. Par exemple, le restaurant Le Botaniste propose régulièrement un panier du maraicher en partenariat avec Alexandre Vogler : prochain RDV, mardi 2 avril.

– Et évidemment, si vous êtes bien organisé et que vous avez du temps, n’oubliez pas pas les marchés. Mes préférés étant celui de la place de Zurich le mercredi et celui du Neudorf le samedi pour les produits de la Ferme de la Colline (à Pfaffenhoffen). (Horaires et programmes des marchés strasbourgeois ici).

2. Choisir son QG mensuel pour les produits d’épicerie :

Pour compléter ses courses, il faut ensuite trouver une épicerie de proximité où l’on peut trouver tout ce qu’il nous manque. Personnellement je privilégie le vrac et le bio. Mais chacun peut faire selon ses moyens et ses envies, l’idée étant de n’avoir à s’y rendre qu’une fois par mois pour éviter la multiplication des déplacements.

Mes préférences à Strasbourg et aux alentours :

  • Day by Day : Une épicerie en vrac que vous connaissez bien ici maintenant et où l’on trouve absolument tout : féculents, légumineuses, céréales, apéritifs, graines, farines, sucre, chocolat, bonbons, alcools, vinaigres, huiles, biscuits … mais aussi des produits d’entretien et d’hygiène et même de la nourriture animale.
  • Le Bocal : Même concept que le précédent avec un peu plus de choix en produits locaux mais moins de références.
  • Bee vrac : Épicerie en vrac dans le coin de Cronenbourg sur les même principe que les précédentes, avec des produits frais et un espace dédié aux ateliers (cuisine, DIY … pour apprendre à faire des choses soi-même).
  • Naturalia : chaîne très connue de magasins bio avec plusieurs antennes à Strasbourg. On y trouve de tout, les prix sont un peu plus élevés mais ce que j’aime chez eux c’est leur ancrage local. On y trouve des produits issus des fermes et de producteurs de proximité. Attention toutefois à cette chaîne qui appartient au groupe Monoprix et Casino et dont certains produits industriels ne valent pas mieux que ceux de la grande distribution (éthiquement parlant).
  • Biocoop : Autre enseigne que j’affectionne beaucoup. D’ailleurs vous pouvez lire une petite interview de moi sur leur site ici (#fiertéinternationale). Grand choix de vrac, prix abordables et belle gamme locale. On y trouve de superbes fromages. 🤩
  • Vivre Bio : Plusieurs grandes épiceries bio autour et dans Strasbourg. On y trouve beaucoup de produits français mais également allemands. Les prix pratiqués sont également intéressants et le choix assez important.
  • Satoriz : Autre chaîne de magasins bio qui propose des produits frais et locaux de saison à prix vraiment intéressant.

3. Une alternative pratique : la vente en ligne et la livraison à domicile :

Et si on n’a vraiment pas le temps de se déplacer et qu’on est accro au drive ? Il existe aussi des services de livraison à domicile de produits bio et locaux :

  • Marmelade Alsace : Une toute jeune entreprise strasbourgeoise qui a sûrement un bel avenir devant elle. Le principe est simple, on commande en ligne de produits locaux en provenance directe des fermes alentours et on se fait livrer à vélo directement chez soi (ou au boulot). C’est hyper pratique, surtout qu’il est possible de choisir l’heure et le lieu du RDV au moment de la commande. Plus besoin de se déplacer, ce sont les produits locaux qui viennent directement à nous. D’ailleurs, si vous souhaitez participer à leur campagne de financement et leur donner un petit coup de pouce, c’est ici.
  • La Fourche : Une entreprise nationale qui cette fois-ci propose des produits bio à prix vraiment accessible. Le principe repose sur un abonnement (mensuel ou annuel), qui lui permet de réduire le coup des produits et de la livraison. La Fourche achète de la fidélité contre du pouvoir d’achat. Un beau deal. On peut y commander de tout et être livré directement à domicile. Le premier mois d’essai est gratuit, vous trouverez toutes les infos sur leur site.

Étape 3 : Réduire ses frais et gagner en pouvoir d’achat :

C’est ça que vous attendiez le plus ? Et bien je vous garantis qu’en changeant ses pratiques et en se passant de supermarché, c’est du 100% gagnant.

Pourquoi ? Car en réfléchissant à ce que l’on consomme, en n’achetant plus que ce dont on a besoin, en faisant des courses hebdomadaires pour les produits frais et mensuelles pour les produits secs, on s’en sort avec un ticket de caisse réduit ! Ce constat avéré suppose cependant plusieurs choses :

  1. De supprimer totalement les produits industriels inutiles et qui souvent encombrent nos placards, parfois des années durant.
  2. De consommer moins mais mieux. Privilégier les bons produits, réduire sa consommation de viande et la remplacer par des légumineuses, des laitages, des œufs.
  3. D’élaborer ses repas en amont pour la semaine à venir afin d’éviter le gaspillage alimentaire.
  4. De privilégier le home made, que ce soit pour la nourriture ou les produits d’entretien. Personnellement je n’utilise plus que 4 produits pour toute la maison, et je peux vous garantir qu’elle est propre : savon de Marseille ou noir, bicarbonate, vinaigre et acide citrique. Recettes et idées ici. Ce sont des économies non négligeables quand on sait qu’un bidon de lessive coûte en moyenne 7 € et qu’avec cette somme j’entretiens notre appartement pendant plus d’un an.
  5. De se concentrer sur le renouvelable et le non-jetable : cotons et éponges lavables, cup menstruelle, vaisselle, serviettes en tissus … Shampoings et savons solides, démaquillant solide … Carafe filtrante ou charbon actif pour éviter l’achat d’eau en bouteille … il y a tellement de choses à faire pour réduire ses dépenses sur le long terme. La transition écologique est loin d’être l’apanage des plus riches et des bobos, bien au contraire !
  6. Et enfin tout ce qui relève du bon sens : réparer au lieu de jeter, privilégier le seconde main, réduire sa consommation d’énergie et d’eau … être durable en soi, c’est faire des économies ! Il serait d’ailleurs temps que tout le monde le comprenne …
  7. Et pour celles et ceux qui se demandent encore où acheter du papier toilette … et bien dites vous simplement qu’avec toutes ces économies, on peut se permettre d’en acheter un un peu plus cher en épicerie. Et que si vraiment ça nous fait chier (c’est le cas de le dire), et bien on peut quand même se rendre au supermarché juste pour ça. Allez, bisous bisous Carrefour et compagnie.

Pour conclure, si vous êtes arrivés jusqu’ici, je dirais que de se passer de supermarché c’est tout simplement changer de vie. Privilégier la simplicité à la consommation de masse, se tourner vers des producteurs locaux et des marques engagées, valoriser la qualité et la durabilité, c’est aussi soutenir un modèle de développement éthique, sensible à la condition humaine, au travail des autres et à l’écologie. En fait, se passer de supermarché, c’est tout simplement œuvrer pour un monde meilleur, pour nous, et pour les autres … c’est se soucier du monde dans son intégralité.

Allez je vous laisse là. Et n’oubliez pas qu’à nous tous, chacun à son rythme, on peut faire bouger tellement de choses. 🙏🏼🌿♥️

5 commentaires

  1. Merci pour cet article très inspirant, à élargir à toutes la France ! Pour le papier toilette, on peut s’en passer avec un peu d’eau et un gant. On se sent propre et frais ;)
    A bientôt !

  2. Bonjour,
    Merci pour ce super article qui m’a fait découvrir Marmelade (dont j’avais entendu parler au début, mais dont je ne connaissais pas l’offre actuelle, du coup j’ai passé une commande) et La Fourche que je ne connaissais pas. A Strasbourg, il existe aussi… Coopalim, une coopérative alimentaire avec un local rue Kageneck. Ce sont les adhérents qui gèrent tout, commandes, réception, boutique, ménage etc. Il faut donc devenir adhérent et donner trois heures de son temps par mois, ensuite on peut faire ses courses de produits majoritairement locaux, bio avec du vrac.
    Et merci pour les belles recettes de ton blog que je suis depuis un moment (découvert grâce à Day by Day).
    Isa

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