Foodtrip en Asie – Partie 2 : Le Cambodge

Après quelques semaines de repos, il était temps de m’atteler à la seconde partie de mon récit et de vous parler du Cambodge, de la culture khmère et surtout des innombrables spécialités culinaires locales.

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Durant notre voyage nous avons fait une halte au Cambodge, dans la région de Siem Reap. Voir et visiter Angkor était un de mes rêves de gamine. Je ne crois pas qu’il y ait aucun autre lieu à travers le monde qui m’ait fait fantasmer à ce point. La jungle, les ruines, les sculptures, les temples enfouis sous la végétation … Tout cela a quelque chose de vraiment fantastique, d’autant que j’étais une grande fan du jeu Tomb Raider à 12 ans. :) On a d’ailleurs toujours un peu peur d’être déçu lorsqu’on découvre « en vrai » ce genre de site qui nous a fait rêver des années durant. Nous avons cependant eu la chance de pouvoir nous y rendre en basse saison, l’été étant la saison des pluies, et de pouvoir profiter de quelques moments de calme, loin des cars et des foules. C’était magique, immense, intense. J’ai fait des centaines de photos durant les 3 jours que nous avons passé sur le site (il faut au moins ça, on n’a malheureusement pas eu le temps de tout arpenter), et je ne me lasse pas de les regarder. Je vous rassure, je ne vais pas toutes les mettre ici, faute de mémoire et surtout, ça risquerait de vous ennuyer un peu – rien ne vaut de s’y rendre pour en apprécier la juste beauté. C’est un autre monde, un autre univers, un autre temps.

Pendant tout le séjour, nous avons logé dans la ville de Siem Reap, une cité champignon née du boom touristique des 20 dernières années. On a eu la chance d’y trouver la crème de la crème des maisons d’hôtes, sans doute l’endroit le plus confortable de tout notre séjour. Il s’agit de la Villa B, une grande bâtisse proposant 4 chambres à la location et tenue par un français, Antoine, qui l’a décorée avec goût. Il accueille les visiteurs avec le sourire local – qu’il n’a pas eu de mal à adopter – et propose un service à la carte et aux petits soins. On a vraiment adoré sa compagnie, ses conseils et son aide précieuse. Les chambres sont spacieuses, la piscine très agréable, les petits déjeuners copieux et le prix absolument raisonnable. Bref, un superbe point de chute pour se reposer et se ressourcer, la visite des temples étant très fatigante, surtout lorsqu’il fait 38° C.

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Ce qui nous a tout de suite frappé en arrivant au Cambodge, en comparaison au Vietnam, c’est le sourire et le calme des gens. Il y règne une quiétude incroyable, c’en est presque perturbant. Je ne sais pas si c’est lié au passé récent et terrible du pays ou si ça fait partie d’une culture plus ancienne, mais ça nous a frappé dès la première minute à l’aéroport. Il faut rappeler que malgré le retour à la démocratie dans les années 1990, le Cambodge connaît un régime politique de plus en plus autoritaire (pour ne pas dire une dictature) avec un Premier ministre, Hun Sen, installé au pouvoir depuis plus de 30 ans. Les libertés individuelles, presse, expression, rassemblement, sont de plus en plus resserrées et encadrées par le gouvernement et le chef du parti d’opposition est aujourd’hui exilé à l’étranger. Les traces du passé sanglant du pays sont également encore très visibles. Les marques de la colonisation, de l’invasion vietnamienne et surtout du terrible génocide mené par le régime des Khmères rouges sont bien présentes et affectent encore toutes les générations de la population. Sans parler des mines antipersonnel déposées pendant les guérillas des années 1970 qui font encore des victimes aujourd’hui. Le Cambodge, c’est en fait un territoire et un peuple qui ont tout à refaire, à reconstruire … avec tous les sacrifices que cela implique. Mais les écoles manquent encore en nombre, beaucoup d’enfants vivent dans la rue et les politiques sont dans l’immobilisme, faute de moyens et sans doute de volonté. De nombreuses associations se lancent dans des programmes d’aide visant les populations les plus précaires et surtout les enfants. Mais en tant que touriste, il faut être averti : ce qu’on appelle souvent le « volontourisme », ou le tourisme humanitaire, a aussi fait beaucoup de dégâts dans le pays. De nombreuses personnes mal intentionnées et appâtée par l’argent que pouvait générer ce type d’action ont monté de fausses associations caritatives visant à attirer les fonds touristiques. Ainsi, de faux orphelinats ont vu le jour, avec toutes les dérives atroces que cela peut supposer (kidnapping ou vente d’enfants, esclavagisme moderne etc …). Il faut donc être très vigilent et se tourner vers des structures de confiance comme les associations Enfants d’Asie, Enfants du Mékong ou encore CARE, si l’on veut aider réellement. Par ailleurs, des campagnes de sensibilisations sont lancées par ces mêmes ONG pour que les touristes arrêtent de donner argent, stylos ou autres objets aux enfants des rues. Car bien loin de les aider, ces actions poussent leurs parents à maintenir ces pratiques qui les enferment dans le cercle vicieux de la pauvreté. Si l’on veut faire des dons, il vaut mieux se rendre directement dans une école ou une structure humanitaire. Il existe des tas d’initiatives très accessibles et éthiques, il suffit pour cela de se renseigner. Le Guide du Routard propose en ce sens une belle liste d’associations et de structures.

Bon mais venons-en au plus intéressant, la cuisine khmère. Elle mélange allègrement les influences thaïlandaises, vietnamiennes, chinoises et françaises (héritage colonial). Le riz en est évidemment l’aliment de base. Il est généralement servi très gluant (j’adore ♥). D’ailleurs se balader à proximité des rizières pendant la saison des pluies est un enchantement tant les paysages sont verts et gorgés d’eau. On y trouve également beaucoup de soupes (qui comme au Vietnam se consomment à tout moment de la journée, y compris au petit -déjeuner) et beaucoup de légumes (à mon grand bonheur). Les viandes sont plus rares et laissent plutôt place aux poissons d’eau douce. La cuisine est généreusement parfumée à la citronnelle, à la coriandre, au gingembre et assaisonnée au prahoc, une spécialité locale qui ressemble à la sauce nuoc-mâm. Le plat le plus populaire est l’amok de poisson ou de poulet cuit dans du lait de coco avec un savoureux mélange d’épices et servi dans une feuille de bananier. Je vous en avais d’ailleurs proposé une version végétarienne ici. La viande et le poisson grillés ont également la part belle, surtout dans les rues, les villages et aux abords des temples le dimanche, lorsque les familles cambodgiennes sortent pique-niquer. Ça vaut le coup d’œil car on y découvre des animaux assez atypiques pour nos assiettes européennes : scorpions, criquets, serpents, araignées, petits rongeurs, grenouilles … Attention les yeux et les estomacs, ça peut retourner. Il paraît que les Cambodgiens raffolent de la tarentule frite dans l’huile et arrosée de jus de citron. C’est un met qui est consommé depuis la dictature de Pol Pot lorsque celui-ci affamait sa population … ils n’y ont jamais renoncé depuis. Les gros scorpions noirs grillés sont également consommés comme une gourmandise et vendus dans les rues le soir. On n’a pas osé. Côtés fruits enfin, c’est un régal pour les yeux et les papilles. Papayes, jaquiers, noix de coco, mangoustans, pommes de lait, fruit du dragon, mangues incroyables … Difficile d’y résister. Les marchés, comme le Old Market de Siem Reap, sont un festival de couleurs et d’odeurs incontournables.

Ce qui est très sympa à Siem Reap, c’est que le centre de la ville reste à taille humaine. On s’y balade aisément à pieds ou en tuk tuk. La population touristique a un petit peu colonisé le centre ville, dont la Pub Street, ou « rue de la soif », fait office d’artère principale. Mais au-delà des restaurants « attrape-cons » (pour citer Max), on a réussi à dénicher quelques pépites. La cuisine khmère est en effet très fine, les mélanges d’épices subtiles, et cet héritage gastronomique est facilement sublimé dans des assiettes joliment décorées. Certains restaurants proposent même des formules de type « gastronomiques » à plusieurs plats et à prix imbattables. De quoi découvrir toutes les saveurs de cette cuisine riche en couleurs. Vous trouverez la liste plus bas. Pour ce qui est des sorties, il est assez facile de trouver une place en terrasse ou sur un rooftop pour siroter un cocktail ou une bière. L’Angkor beer a eu notre préférence. Il existe également des sortes de « cocktails trucks », camions de la night agrémentés de néons fluo et de basses techno – volume au max – qui proposent un service de cocktails en pleine rue. On s’assoie alors sur le petit tabouret du trottoir, ou on reste debout, et on profite de la douceur du soir (attention toutefois aux tympans, tout est relatif). C’est assez surfait, sans doute lié à l’influence touristique, et pas vraiment notre genre de lieu mais ça a son charme, ça fait partie intégrante de la vie locale. La sortie qui nous a vraiment enchantée a été celle au Phare Circus, un cirque tenu par une ONG et soutenu par l’UNICEF, qui propose des représentations chaque soir. Les membres de la troupe sont tous d’anciens enfants des rues ou défavorisés auxquels on a proposé une formation internationale dans la perspective de mener une carrière dans les métiers des arts et du spectacle. La représentation est d’une très grande qualité, on a été bluffé. Je précise que ce cirque ne propose évidemment aucune représentation avec animaux. Une manière agréable d’apporter sa petite pierre à l’énorme édifice humanitaire qu’il reste à bâtir. On vous le conseille à 100%. Possibilité d’y dîner avant ou de grignoter une petit truc pendant la représentation.

Voici enfin les restaurants qu’on a adoré à Siem Reap :

Sugar Palm : Sans doute le meilleur qu’on ai fait. Le lieu est magique, une superbe maison en bambou. L’amok et le curry y étaient incroyables, coup de cœur pour les spring rolls à feuilles dentelle.

Asana : Un vrai coup de cœur. C’est à la fois un bar et un restaurant qui a pour particularité d’être implanté dans une des plus vieilles maisons en bois de la ville, sur pilotis. Différents coins pour se poser dont des assises suspendues au plafond. Excellents cocktails (j’en ai pris un à l’alcool de riz, au citron et aux feuilles de kéfir) et petits plats délicieux. Révélation pour le Bo Bun khmère.

The Square 24 : Une adresse assez atypique, très européanisée. Ambiance zen dans une paillote ouverte à l’architecture moderne et entourée d’un bassin de carpes koi. C’est assez irréel. La cuisine est délicieuse, les présentations des assiettes et le service un poil kitsch. Mais on s’est régalé.

Et voilà pour ce petit tour d’horizon. En espérant que le voyage vous a plu. C’est un pays dans lequel on retournera à coup sûr car nous n’en avons vu qu’une infime partie. La chaleur des Cambodgiens a sans doute été la plus incroyable qu’on ait connue jusque là et il me tarde vraiment d’en découvrir davantage.

Comme à chaque fois, n’hésitez pas à partager ici vos propres expériences. Surtout si vous avez goûté la tarentule grillée (je suis curieuse).

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