Voyager Zéro déchet, pas impossible – mais …

De retour d’un court mais intense périple de deux semaines en Australie, j’ai réalisé que les problématiques du voyage et du zéro déchet n’avaient pas encore été abordées ici. Pourtant elles sont totalement liées, surtout lorsqu’on sait que le tourisme est l’une des principales causes d’émissions de gaz à effet de serre et de pollution à l’échelle mondiale. – Article illustré avec mes photos d’Australie (of course).

Peut-être qu’un petit retour et quelques conseils/conclusions pourraient être utiles, d’autant que notre propre expérience n’a pas été des plus concluantes 🙄 … A la maison, on s’est tellement habitué à vivre sans déchet qu’on en a oublié que le reste du monde ne fonctionnait pas comme ça … Nous en avons toutefois tiré pas mal de leçons qu’il me paraissait intéressant de partager avec vous.

En effet, en deux semaines de vacances, je crois avoir malheureusement produit plus de déchets qu’en une année entière. Un jeu du sort sans doute car, avant de partir, je réfléchissais à un article sur notre bilan zéro déchet de l’année dans lequel j’allais confesser que nous étions encore loin du compte. Je commençais à désespérer et étais plutôt pessimiste. Aujourd’hui je réalise en fait à quel point nos efforts quotidiens sont concluants en comparaison de ce qu’il reste à faire à l’échelle mondiale. Tout est une question de point de vue et de mesure. En Australie, j’ai en effet été horrifiée par tout le plastique et les emballages qu’on a du mettre à la poubelle, en si peu de temps … évidemment, les supermarchés locaux et les fast food n’y sont pas pour rien, mais ce n’était de loin pas le seul problème.

Je vais donc dresser ici la liste de tous les obstacles au zéro déchet que nous avons rencontré au cours du voyage et essayer d’y apporter des solutions. En fait, ce qui nous a manqué c’est de l’organisation en amont. Je ne pensais pas que dans un pays aussi développé, et qui plus est, aussi proche de la grande barrière de corail, les questions environnementales seraient si loin des préoccupations locales – on a quand même noté quelques belles initiatives hein, le tableau n’est pas tout noir, mais il y a encore des gros gros progrès à faire (comme partout en fait …).

Vu sur un Stand du Victoria Market de Melbourne

De votre côté, je vous invite évidemment en commentaire à me faire part de votre propre expérience et surtout de la manière dont vous parvenez à contourner les difficultés que vous rencontrez en voyage. Ça m’aidera pour l’organisation des prochains. ♥️🙏🏼

Difficulté numéro 1 : Les bagages :

Voyager zéro déchet suppose dans un premier temps ne rien emporter de jetable dans ses bagages. Etape difficile quand, comme moi, on a toujours peur de « manquer » de quelque chose. Les écolos et voyageurs avertis sauront évidemment se débrouiller, mais une petite mise au point peut être utile aux autres qui, comme nous, en emportent toujours trop :

  1. Privilégier les produits de bain solides ou achetés en vrac : shampoing, savon, après-shampoing, huiles pour le corps (j’utilise de l’huile de coco pour absolument tout en ce moment). On conserve le tout dans des boîtes et bocaux hermétiques individuels, c’est pratique, économe en place et parfait pour passer les contrôles de sécurité aux aéroports.
  2. N’emporter que des accessoires de toilette réutilisables : lingettes lavables, gant de toilette, oriculi …
  3. Limiter au maximum les autres produits avec emballage. Privilégier un crayon de maquillage en bois, penser aux marques éco-responsables comme Zao (qui propose des produits de maquillage rechargeables). Et n’emportez que le stricte minimum. Personnellement, je suis encore très attachée à ma crème de jour Weleda et n’ai toujours pas trouvé de dentifrice solide qui me convienne. Ce sont donc mes deux petites exceptions. Penser aussi aux médicaments et produits de premiers secours (pansements, désinfectant … qui produisent des déchets mais qui, avec de la chance, ne seront pas forcément utilisés 😉).
  4. Pour la crème solaire, ne pas faire d’impasse. Il n’existe malheureusement pas encore de solution durable sans emballage. (Enfin … à ma connaissance … mais si vous avez THE plan, je suis preneuse). Privilégier dans ce cas des crèmes solaires bio et « reef safe » si vous vous baignez dans la mer.
Savons naturel saponifiés à froid … Je m’en suis acheté 4 au Victoria Market

Difficulté numéro 2 : L’avion :

Un problème sans véritable solution … On le sait, l’avion est LE moyen de transport touristique le plus polluant. Repenser nos modes de transport et l’utilisation qu’on en fait, fait partie des grands enjeux de demain dans la lutte contre le changement climatique. Privilégier le train lorsque c’est possible (pour les voyages en Europe) est une première solution, mais pour aller en Australie, pas d’autre choix que de monter à bord. (Il y a évidemment aussi celui de ne pas partir du tout, c’est une option réelle … mais à laquelle je ne suis pas encore prête à me résoudre).

En plus d’émettre tout ce CO2, chaque vol en avion est une catastrophe en terme de déchets. Chaque repas, chaque boisson, chaque objet (couverture, écouteurs ou couverts, notamment pour les longs courriers) est en plastique ou emballé dans du plastique dont l’unique destination est la poubelle à l’issue du vol. C’est une aberration absolue et pourtant, il m’a été très difficile d’imaginer des solutions car :

  1. Il est impossible d’apporter ses propres boissons et repas dans l’avion (surtout pour des voyages longs courriers à l’étranger lorsque les douanes sont extrêmement strictes comme pour l’Australie).
  2. Si l’on refuse ce qu’on nous propose, notamment les boissons, on risque de passer un mauvais voyage. Déshydrations, jambes lourdes, nausées …

Bref, c’est compliqué.

Un repas avec Thaï Airways …

Quelques idées et pistes de réflexion :

  1. On peut imaginer manger beaucoup avant le départ et essayer d’affronter les 12 heures de vol sans s’approvisionner, mais dans tous les cas, le repas prévu pour nous sera mis à la poubelle … Quitte à limiter les déchets, autant éviter au moins le gaspillage alimentaire.
  2. Pour les boissons : possibilité parfois de remplir une gourde entre le contrôle des bagages et l’embarquement, à condition que l’espace intermédiaire propose des fontaines à eau potable (eh oui, tout dépend du pays dans lequel on se trouve, facile à Paris, plus compliqué lors de l’escale à Bangkok). Ou pourquoi pas demander à l’hôtesse ou au steward de verser directement la boisson dans notre gourde pour éviter au moins le gobelet en plastique ? Je n’ai pas testé.
  3. Solution de fortune, discuter un peu de ce problème avec le personnel de bord pour les sensibiliser à la question. 🤷🏽‍♀️

Difficulté numéro 3 : Consommer zéro déchet sur place :

Et là, c’est tout l’effort d’organisation en amont qui va faire la différence (ce qu’on n’a absolument pas fait correctement avant notre départ et qui nous a contraint à nous rendre 2 fois au Mc Donald et plusieurs fois au supermarché par manque d’organisation … 😣). Évidemment, ce sera plus ou moins simple selon le type de voyage que vous effectuerez. Être sédentaire permet de se concentrer beaucoup plus facilement sur les pratiques de consommation (courses dans les épiceries locales, cuisine sur place, tri des éventuels déchets recyclables … etc), que lorsqu’on change de lieu tous les jours comme nous. L’impossibilité de faire un repérage efficace pousse trop souvent à l’improvisation … et conduit inévitablement dans l’unique fast food ou la première station service du coin.

Voici donc ce à quoi il faudrait penser avant de partir, puis tout au long du voyage pour s’organiser au mieux :

  1. Apporter l’essentiel des accessoires courses zéro déchet : tote-bags, filets et sacs en tissus, boîtes de conservation … ce qu’évidemment on n’avait pas en Australie. 🤦🏽‍♀️
  2. Repérer les lieux d’approvisionnement zéro déchet des différents sites que l’on va visiter : marchés (penser à checker les heures et jours d’ouverture), magasins de vrac, épiceries … Ne pas hésiter à faire des stocks de nourriture ou de petits snacks (amandes, fruits …), surtout si vous voyagez en van ou que vous parcourez de longues distances, cela vous évitera de craquer sur la première glace Magnum ou cochonnerie du genre. 😅 Je parle de vécu.
  3. Emporter également un jeu de vaisselle lavable pour chaque personne : gobelet, couverts, assiette, serviettes en tissus, gourde … ça prend un peu de place dans les bagages, certes, mais ça évitera des tonnes de déchets. Il faut ensuite penser à les emmener PARTOUT perdant les sorties (surtout les couverts et les gobelets).
  4. Cuisiner soi-même la plupart des repas en privilégiant les logements types appart’-hôtels, Airbnb, vans, campings … Evidemment, ça n’empêche pas un restaurant et des sorties dans les bars, mais en faisant ses courses soi-même on limite aussi les dégâts.
  5. Se renseigner sur les systèmes de tri et de recyclage des déchets locaux, car malheureusement, il ne sont pas toujours « efficaces » ou aussi « développés » qu’en Europe (je mets des guillemets, vous noterez). Quand on sait que l’Australie continue d’envoyer ses déchets dans les pays en développement asiatiques … ça fait froid dans le dos.
  6. Refuser systématiquement les pailles, sachets en plastique, gobelets et touillettes jetables lorsque c’est possible … histoire de planter des petites graines dans la tête des restaurateurs et hôteliers. Mais pour ça, il faut être attentif, parce qu’on vous en refourgue partout … Et si la paille est déjà dans la boisson lorsqu’elle est servie, il ne sert plus à rien de la refuser, elle finira de toute manière à la poubelle.

En respectant ces « quelques » règles (je réalise que c’est un investissement de chaque minute), vous devriez vous en sortir avec beaucoup moins de déchets que nous en Australie. Le zéro déchet absolu me parait en revanche assez compliqué à atteindre, mais pas impossible non plus. Tout dépend du rythme que l’on a, du programme et de ce qu’on fait chaque jour (et de si on prend l’avion ou non). Ce qui est sûr, c’est que plus le programme est serré, plus on est speed et moins on a le temps de s’organiser de manière efficace. C’est typiquement ce qui nous est arrivé et j’espère que la prochaine fois on sera bien plus prévenants.

De mon côté, j’avoue avoir été déçue par notre manque d’anticipation. Je ne m’y attendais pas du tout. La solution c’est d’être ambitieux, d’oser casser les codes pour construire de nouveaux réflexes. Par exemple, ne pas hésiter à demander si le café du matin peut être servi directement dans votre gourde plutôt que dans une cup jetable, de prendre toujours l’option sans serviette en papier ni emballage carton pour le morceau de pizza ou avoir ses serviettes et mouchoirs en tissus lavables constamment sur soi. Tout est une question d’optimisation et de débrouille. Ça ne marchera peut être pas parfaitement la première fois mais l’essentiel est d’essayer et d’initier aussi les autres à ces pratiques.

La prochaine fois en tout cas, on s’y mettra vraiment. Je vous ferai un bilan ici-même. Cet échec m’a finalement reboostée car je me rends compte que nos efforts quotidiens ne sont pas vains à la maison mais qu’il reste des choses à faire et des défis à relever en dehors du cocon. Encore faudrait-il que le reste du monde s’y mette … ?♥️🙏🏼

Allez ✌🏼🌍 bonne route à tous les (futurs) éco-voyageurs. J’espère que cet article vous a permis d’y voir un peu plus clair, et comme toujours, n’hésitez pas à partager vos expériences ici. 😘 Tous ensemble, on peut construire de grandes choses 💪🏼.

Pour finir, quelques photos du voyage … :)

5 commentaires

  1. Ton article me paraît très intéressant car j’ai été moi-même très frustrée de la quantité de déchets que je pouvais produire en étant en voyage. Ça me fait toujours mal au coeur de voir la quantité de plastique utilisée dans l’avion, ou encore cette paille (inutile) dans mon verre au restaurant… De mon côté, j’essaie de ne jamais oublier de prendre un tote-bag et une gourde avec moi.

  2. Coucou. Ton article fait réfléchir. Il est vrai que les choses ne sont pas pareilles selon les pays.
    Par contre, je suis loin de votre raisonnement poussé. Cependant mon voyage actuel me fait peu à peu réfléchir à la question des déchets. J’essaie de refuser certains sacs plastiques ou je les réutilise. J’ai encore beaucoup de progrès à faire mais chaque petit pas compte.😊

  3. Merci pour cet article ! On a rencontré la même problématique en Sardaigne ! Pas toujours la possibilité de trier les déchets, les restaurants qui ne servent pas d’eau du robinet (donc un nombre horrifiant de bouteilles en plastique !), les glaces merveilleuses mais qui génèrent des déchets (pot, serviette, etc.) qui finissent non triés dans les poubelles publiques et j’en passe. On est aussi déterminés que vous à faire mieux la prochaine fois !

  4. J’avoue que je n’ai jamais essaye jusqu’a maintenant de voyager en mode zero dechets parce que les voyages que j’ai pu faire auparavant ont ete fait avant que je sois dans cette optique mais quand bien meme tu souleves beaucoup de points essentiels comme l’avion…pour de longs voyages comme le tien c’est inevitable a moins que tu disposes de 1 mois pour voyager avant meme d’arriver dans le pays en question! Et la cle a l’air comme tu le dis, beaucoup de preparation et de recherches en amont. Bea Johnson l’a publie recement je crois sur instagram le fait qu’elle regarde en amont dans les villes ou elle va aller les magasins en vrac. Mais entre la theorie et la pratique…C’est comme ma belle soeur qui est partie au Sri Lanka en mode routard qui a vu ses savons saponifies a froid diminuer a vue d’oeil entre la chaleur et l’humidite ( donc c’est a prevoir et penser aussi pour les cosmetiques solides!). Ce qui me fait commenter sur ta photo des savons, j’aurais fait un enorme craquage si j’avais vu ca haha. En tout cas ca avait l’air d’etre un beau voyage felicite toi deja pour les efforts faits, le reste comme tu le dis ca vient AUSSI quand plus de choses seront mises en place dans les societes. :-)

  5. Nous rentrons de 2 mois et demi en Australie et j’ai trouvé ce pays très contradictoire : des efforts pour le zéro déchet d’un côté (des fontaines partout pour remplir nos gourdes et nos bidons car nous étions en camping-car, pas mal de produits d’hygiène solides que nous privilégions, des marchés sans sacs en plastiques, des conteneurs de recyclage des canettes et bouteilles sur les parkings de supermarchés, des lessives en bidon en carton, du papier toilette recyclé et emballé dans du papier et non sous blister… ) et en même temps, beaucoup d’emballages plastiques pour les fruits et légumes en grande surface (on ne pouvait pas toujours aller au marché) et SURTOUT, au pays de la grande barrière de corail menacée, aucune crème solaire respectueuse du milieu marin alors que j’en avais achetées en France avant de partir, mais pas assez, hélas!
    Bref, du bon et du mauvais mais c’est sûr que, même en faisant attention, en ayant emporté lingettes lavables et sacs à vrac, en choisissant le moins polluant, en cuisinant tous les jours, le zéro déchet n’est pas possible lors de road trips!

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